Le député Mansour Kamardine demande le déconfinement de Mayotte dès la semaine prochaine et à s'en donner les moyens.

Mayotte est le seul département français à ne pas commencer son déconfinement le 11 mai.

Le député Mansour Kamardine demande le déconfinement de Mayotte dès la semaine prochaine et à s'en donner les moyens.

Pourtant il est vital d’engager le retour à une vie normale au plus vite pour éviter :

  • L’effondrement économique ;
  • Une crise sociale d’une ampleur jamais connue dans le 101ème département ;
  • L’amplification de la crise humanitaire en cours ;
  • Le développement de l’insécurité, des vols, pillages et violences stimulés par la situation ;
  • La poursuite de la synergie entre l’épidémie de Covid et celle de la dengue.

La baisse de la tension sur les capacités en Métropole permet un effort rapide et spécifique d’équipement de Mayotte, région la plus pauvre et la plus sous-équipée d’Europe, en matériels, équipements et personnels.

Mayotte peut entamer son nécessaire déconfinement dès la semaine prochaine (à l’exception des écoles primaires) pour peu que le gouvernement s’en donne et nous en donne les moyens.

C’est pourquoi j’ai adressé hier 6 mai un courrier argumenté au Premier Ministre appelant au déconfinement de Mayotte dès la semaine prochaine (voir ci-dessous et en fichier joint) et à la prise des décisions qui le permettent : distribution gratuite de masques à l’ensemble de la population, multiplication par 3 des capacités de test, renforts en matériel, équipement et personnel du centre hospitalier etc.

 

"Monsieur le Premier Ministre,

Mayotte est le seul département de France que le gouvernement exclut du dé confinement le 11 mai.

Dans les faits, la moitié de la population de Mayotte n’était pas en mesure de respecter le confinement et ne le sera pas plus demain, compte tenu de conditions de vie précaires, d’habitat insalubre, d’accès aux services de base dégradé, de la nécessité de se nourrir au jour le jour et d’une jeunesse (50% de moins de 17 ans) qui ne tient plus en place après de longues semaines de mesures restrictives de la liberté de se mouvoir.

En réalité, l’épidémie de coronavirus circule fortement à Mayotte depuis le 1er cas avéré mi-mars. Sa progression exponentielle est demeurée silencieuse au regard des statistiques publiques du fait du manque criant de moyens de la mesurer et de la contenir. Ce n’est que parce que les capacités de test ont été récemment multipliées par 15, que les soignants et les forces de l’ordre bénéficient désormais d’équipements de protection et que la progression de l’épidémie engendre logiquement au bout de 2 mois une tension sur les capacités hospitalières qu’elle apparaît bruyamment depuis quelques jours.

De plus, comme j’en avais alerté le gouvernement mi-mars, la crise sanitaire a entraîné une crise à caractère humanitaire, qui elle-même a favorisé le retour d’une crise sécuritaire de plus en plus vive et préoccupante. Respecté très largement par ceux qui le pouvaient à Mayotte, le confinement était nécessaire mais il a également participé à potentialiser au fur et à mesure les difficultés humanitaires, sécuritaires, économiques et donc finalement sociales du territoire.

En outre, le confinement a amplifié l’épidémie de dengue à Mayotte en limitant le déploiement des équipes sanitaires dédiées sur le terrain et l’éradication des sites larvaires. Les 2 épidémies fonctionnent de fait dans une dangereuse synergie qui place déjà le centre hospitalier départemental à la limite de la saturation, alors que le pic épidémique du Covid n’est pas atteint.

Enfin, la fragile économie mahoraise est à terre, au bord de l’effondrement, avec la perspective d’entraîner avec elle l’emploi, alors que le 101ème département compte déjà 40% de sa population active au chômage.

Aussi, les crises s’ajoutant aux crises qui s’alimentent les unes avec les autres, il me paraît impérieux et urgent de briser cette mortifère dynamique vers l’abîme, en dé confinant officiellement Mayotte dans le courant de la semaine prochaine, à l’exception des écoles primaires dont la réouverture nécessite encore en peu de temps de préparation et de coordination.

La décrue depuis plusieurs semaines de la tension dans les hôpitaux de Métropole a libéré des milliers de lits de réanimation et de médecine, ainsi qu’un potentiel mobilisable en matière d’équipes soignantes. Une montée en puissance significative des capacités de tests est annoncée pour la semaine prochaine. La disponibilité en nombre de masques chirurgicaux et grands publics aux normes AFNOR semble avoir recouvrer des niveaux acceptables dans l’Hexagone.

Ce retour capacitaire au niveau national permet d’amplifier l’appui de l’Etat à l’égard de Mayotte, région le plus pauvre d’Europe, la plus fragilisée par la crise sanitaire et unique département ultramarin classé « rouge ».

C’est pourquoi, afin de rendre possible le souhaitable dé confinement dans la même semaine que le reste du territoire national, je sollicite :

  • L’envoi urgent de masques en nombre suffisant pour doter gratuitement l’ensemble de la population de Mayotte ;
  • L’augmentation des capacités de tests pour les porter à 1000 par jour ;
  • Le renforcement des équipes soignantes, des équipes d’analyse en laboratoire et des équipes sanitaires de terrain ;
  • Le transfert de moyens de réanimation et de lits de médecine ;
  • L’approvisionnement en médicaments désormais couramment utilisés contre le Covid en traitement compassionnel.

En complément de moyens civils, la mobilisation de la logistique militaire permettrait l’arrivée en quelques jours des équipements, matériels, personnels, produits et médicaments sollicités. L’expérience réussie de l’opération « Résilience » en matière de fret aérien et maritime des dernières semaines l’a démontré.

En espérant emporter votre conviction sur la nécessité de dé confiner Mayotte le plus rapidement possible en garantissant l’accès aux masques pour tous et en renforçant les possibilités de soigner les patients, je vous prie d’agréer, Monsieur le Premier Ministre, l’expression de ma très respectueuse et sincère considération."


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